Ziziphus zizyphus (L.) H. Karst.
Le jujubier est un arbuste médicinal originaire de Chine, utilisé depuis l'Antiquité pour ses propriétés adoucissantes et anti-tussives. Ses fruits riches en mucilages apaisent les voies respiratoires et digestives.

Le jujubier (Ziziphus zizyphus), également appelé dattier chinois ou chichourlier, est un arbuste épineux de la famille des Rhamnacées, originaire du Turkestan chinois. Cultivé depuis des millénaires en Chine et dans tout le bassin méditerranéen, il produit de petits fruits ovoïdes, d'abord jaunes puis rouge vif à maturité, à la pulpe sucrée et gélatineuse rappelant la datte.
Dans la tradition musulmane, le jujubier revêt une dimension sacrée. Mentionné dans le Coran (Sourate 56, verset 28 : « Ils seront parmi des jujubiers sans épines »), l'arbre symbolise le Paradis. Ses feuilles (sixir) étaient utilisées dans les rituels de purification, notamment pour laver les défunts selon les hadiths rapportant les enseignements du Prophète Mahomet. Le jujubier apparaît également dans le récit du voyage nocturne de Mahomet, marquant la limite supérieure de l'ascension céleste.
En Occident, le jujubier occupait une place de choix dans les pharmacopées jusqu'à la Renaissance. On lui prêtait des vertus extraordinaires : protection contre la peste, traitement de la lèpre, défense contre les animaux venimeux. Le fruit entrait dans la composition de l'« eau céleste », élixir réputé à l'époque. Malgré ce passé glorieux, son usage en Europe occidentale a décliné, tandis qu'il demeure incontournable en médecine traditionnelle chinoise.
Le jujubier se présente comme un arbuste ou petit arbre de 5 à 10 mètres de hauteur, souvent épineux, à croissance lente. Il affectionne les sols sablonneux et les climats chauds, raison pour laquelle on le trouve principalement en Extrême-Orient, en Afrique du Nord et dans le bassin méditerranéen. Ses feuilles alternes, caduques, oblongues et finement dentées, présentent trois nervures longitudinales caractéristiques et des stipules transformées en épines.
Les petites fleurs jaunâtres, gamopétales et actinomorphes (type 5), apparaissent à l'aisselle des feuilles et attirent les abeilles, permettant au Yémen de produire un miel de jujubier très prisé. Les fruits, drupes ovoïdes contenant un noyau dur elliptique, sont récoltés lorsqu'ils deviennent rouges et que leur pulpe acquiert une consistance sucrée et gélatineuse, à la saveur légèrement acidulée.
Le fruit du jujubier renferme une composition riche et équilibrée. On y trouve des triterpènes sous forme d'acides, des saponosides aux propriétés expectorantes et émollientes, des mucilages responsables de l'action adoucissante, ainsi que des glucides énergétiques. La pulpe fraîche contient également de l'acide ascorbique (vitamine C) et de la vitamine A en quantités variables selon le degré de maturité et les conditions de culture.
Les graines contiennent des saponosides et des flavonoïdes aux propriétés antioxydantes. Les feuilles, quant à elles, renferment des saponosides et des alcaloïdes, notamment la sanjoinine (dans certaines variétés épineuses chinoises), un alcaloïde peptidique ayant des effets sédatifs par interaction avec les récepteurs GABA.
Le jujubier est avant tout reconnu pour ses propriétés adoucissantes et émollientes, idéales pour apaiser les muqueuses irritées des voies respiratoires et digestives. Grâce à sa richesse en mucilages, il forme un film protecteur sur les tissus enflammés, soulageant ainsi la toux sèche et les irritations de la gorge.
Son action anti-tussive est complétée par un effet expectorant qui facilite l'évacuation des sécrétions bronchiques dans les bronchites aiguës bénignes. Le jujubier exerce également une action diurétique douce, favorisant l'élimination rénale, et un effet laxatif léger utile en cas de constipation occasionnelle.
En application externe, le décocté de jujube possède des vertus antalgiques et adoucissantes, utiles pour calmer les inflammations buccales (aphtes, gingivites) et pharyngées.
Les recherches modernes, notamment en Chine, ont mis en évidence d'autres propriétés intéressantes : les graines de certaines variétés épineuses (sanjoin, suanzaoren) auraient des effets sédatifs et aideraient à traiter les insomnies grâce à la sanjoinine. Des études préliminaires suggèrent également une action sur la résistance à l'insuline chez les diabétiques, ouvrant des perspectives thérapeutiques pour le diabète de type 2.
En phytothérapie occidentale, le jujubier est principalement indiqué pour les affections respiratoires bénignes : toux sèche ou productive, bronchite aiguë, irritations de la gorge. Son effet apaisant en fait un remède de choix pour les fumeurs ou les personnes exposées à la pollution atmosphérique.
Sur le plan digestif, il soulage la constipation légère et les irritations des muqueuses digestives. En usage externe, il traite les inflammations buccales (aphtes, stomatites, gingivites) et pharyngées.
En médecine traditionnelle chinoise, le jujubier occupe une place centrale, notamment pour tonifier le Qi (énergie vitale), nourrir le Sang et calmer l'Esprit (Shen). Les graines sont particulièrement utilisées pour traiter les insomnies, l'anxiété et les palpitations cardiaques d'origine nerveuse.
Le jujubier se consomme principalement sous forme de décocté de fruits dénoyautés. Pour traiter une bronchite ou une toux, on fait bouillir 40 grammes de fruits dans 500 ml d'eau pendant 20 minutes, on filtre, on sucre avec du miel et on boit une tasse le soir au coucher, le reste étant consommé le lendemain.
Pour les inflammations buccales ou pharyngées, on prépare un décocté plus concentré (6 g de fruits dans 100 ml d'eau, bouilli quelques minutes), utilisé en bains de bouche, gargarismes ou compresses locales.
Les fruits séchés peuvent également être consommés tels quels comme aliment-remède, appréciés pour leur saveur sucrée rappelant la datte et leur apport en vitamines.
Le jujubier ne présente aucune contre-indication connue ni effet secondaire documenté aux doses recommandées. Il est généralement très bien toléré, même sur des périodes prolongées. Aucune interaction médicamenteuse significative n'a été rapportée à ce jour.
Toutefois, comme pour toute plante médicinale, il convient de respecter les posologies indiquées et de consulter un professionnel de santé en cas de symptômes persistants ou de pathologie chronique sous-jacente.
Au-delà de ses usages médicinaux, le jujubier possède d'autres applications traditionnelles. En médecine populaire, un cataplasme de cendres de bois de jujubier mêlées à du vinaigre était appliqué sur les morsures de vipères. On peut également préparer une boisson alcoolisée fermentée à partir des fruits, au goût rappelant le cidre.
Le bois du jujubier, blanc jaunâtre à l'état d'aubier et rouge acajou une fois mature, est apprécié en ébénisterie de luxe sous le nom d'« acajou d'Afrique ». Lourd, dur, compact et homogène, il prend un beau poli et est recherché pour la fabrication de meubles de qualité.
L'extrait aqueux du bois contient un principe cristallisable appelé acide zizyphique, du tanin et du sucre, lui conférant des propriétés similaires au cachou, utilisé traditionnellement comme astringent.
Le jujubier illustre parfaitement la richesse des traditions phytothérapeutiques ancestrales. Plante sacrée dans l'Islam, remède prisé dans l'Antiquité et la Renaissance, pilier de la pharmacopée chinoise, il demeure aujourd'hui une ressource précieuse, bien que sous-exploitée en Europe occidentale. Ses propriétés adoucissantes, anti-tussives et laxatives douces en font un allié naturel pour le confort respiratoire et digestif, accessible et sans danger. La recherche moderne commence à peine à explorer son potentiel complet, notamment dans les domaines du sommeil, de l'anxiété et du métabolisme glucidique.
Le jujubier est une plante douce et apaisante, idéale pour calmer les irritations des voies respiratoires et digestives. Ses fruits riches en mucilages et en vitamine C soutiennent l'organisme en période de fatigue et facilitent le confort respiratoire.
Le jujubier s'associe bien avec le marrube blanc et le bouillon-blanc pour les affections respiratoires, avec la mauve et la guimauve pour renforcer l'action émolliente, et avec le séné ou la bourdaine pour une action laxative plus marquée. En médecine chinoise, il est souvent combiné au ginseng et à la réglisse pour tonifier le Qi.
Décocté de fruits dénoyautés :
Décocté de fruits dénoyautés :
PARTIES UTILISEES:
Aucune contre-indication connue à ce jour. Le jujubier est généralement bien toléré aux doses recommandées.