Malva sylvestris L.
Plante émolliente et calmante par excellence, la mauve adoucit les muqueuses irritées des voies respiratoires et digestives. Ses fleurs font partie des espèces pectorales traditionnelles pour apaiser la toux et les maux de gorge.

La mauve sylvestre (Malva sylvestris) est une plante herbacée vivace de la famille des Malvacées, pouvant atteindre 1 mètre de hauteur à l'état sauvage. On la trouve fréquemment en Europe, dans les haies et autour des habitations. Son nom proviendrait du latin malva, apparenté à un mot grec signifiant "mou", en référence à ses propriétés émollientes remarquables.
Connue depuis l'Antiquité, la mauve était utilisée dès le VIIIe siècle avant J.-C., tant comme légume que comme médicament. Au Moyen Âge, elle jouissait d'une réputation considérable et figurait parmi les plantes du Capitulare de Villis de Charlemagne, liste des végétaux que l'empereur recommandait de cultiver dans les jardins impériaux. Elle fut longtemps considérée comme une véritable panacée.
La mauve se reconnaît facilement à ses grandes feuilles caractéristiques, pétiolées, possédant 3 à 5 lobes arrondis et dentés avec une nervure palmée. Ses fleurs roses striées de violet sont dialypétales, actinomorphes et de type 5, avec des étamines soudées en colonne par leur filet. Le calice gamosépale est doublé d'un calicule. Les fleurs pédicellées sont regroupées en faisceaux à l'aisselle des feuilles. Les fruits sont des polyakènes.
La richesse thérapeutique de la mauve réside principalement dans sa teneur exceptionnelle en mucilages : 8% dans les feuilles et plus de 10% dans les fleurs. Ces mucilages, une fois hydrolysés, libèrent de l'arabinose, du glucose, du rhamnose, du galactose et de l'acide galacturonique. Ces polysaccharides complexes confèrent à la plante ses propriétés émollientes et protectrices des muqueuses.
La mauve contient également des flavonoïdes (notamment le tiliroside dans les fleurs), des acides phénoliques et une petite quantité de tanins qui lui apportent une légère astringence. Les fleurs renferment en outre des anthocyanosides (malvine, malvidine, delphinidine) responsables de leur couleur caractéristique et dotés de propriétés antioxydantes.
La mauve est avant tout une plante émolliente de premier ordre. Grâce à ses mucilages, elle forme un film protecteur sur les muqueuses irritées, qu'il s'agisse des voies respiratoires ou digestives. Cette action mécanique de protection explique son efficacité dans de nombreuses situations inflammatoires.
Son action anti-tussive découle directement de son pouvoir émollient : en tapissant la gorge et les bronches d'un gel apaisant, elle calme la toux irritative et les irritations pharyngées. C'est d'ailleurs pour cette raison que les fleurs de mauve font partie des "espèces pectorales" de la pharmacopée traditionnelle.
La mauve possède également une action astringente douce grâce à ses tanins, sans pour autant être irritante. Cette propriété complète harmonieusement son action émolliente. Sur le plan digestif, elle exerce un effet laxatif léger tout en apaisant les inflammations intestinales, ce qui peut sembler paradoxal mais s'explique par sa capacité à réguler le transit dans les deux sens.
La mauve excelle dans le traitement des affections respiratoires inflammatoires : laryngite, trachéite, bronchite, mais aussi toux irritative du fumeur et toux coquelucheuse. Elle apaise les muqueuses agressées et facilite l'expectoration lorsque nécessaire. En usage externe, les gargarismes de mauve soulagent rapidement les maux de gorge et l'enrouement.
La mauve trouve de nombreuses applications digestives. Elle soulage les douleurs biliaires, calme les colites et toutes les inflammations intestinales. Remarquablement, elle peut être utilisée aussi bien en cas de constipation (où elle lubrifie doucement le bol alimentaire) qu'en cas de diarrhée (où elle protège la muqueuse intestinale irritée).
Les mucilages de la mauve exercent également leur action protectrice au niveau des voies urinaires, soulageant les cystites et les irritations vésicales.
En usage local, la mauve traite efficacement les inflammations bucco-pharyngées : aphtes, stomatites, gingivites, douleurs post-extraction dentaire. Les compresses de décoction favorisent la maturation des abcès cutanés et soulagent les inflammations oculaires (blépharites, conjonctivites, orgelets).
La mauve s'utilise aussi bien par voie interne qu'externe. En usage interne, l'infusion de fleurs (10 g par litre, 3 tasses par jour) constitue la forme galénique de référence. Elle entre également dans la composition de sirops pectoraux en association avec d'autres plantes béchiques.
En usage externe, on prépare une décoction légère (40 à 50 g de feuilles par litre, ébullition très brève de 1 à 2 minutes seulement) pour les gargarismes, bains de bouche et compresses. Les cataplasmes de fleurs et feuilles fraîches, éventuellement mélangés à de l'huile d'olive, s'appliquent sur les zones douloureuses en cas d'arthrite ou de goutte.
La mauve présente un profil de sécurité remarquable : aucune contre-indication n'est connue à ce jour. Cette innocuité en fait une plante de choix pour toute la famille, y compris les enfants et les nourrissons (notamment pour la constipation légère). Sa grande tolérance permet des usages prolongés sans risque.
La mauve s'associe harmonieusement avec d'autres plantes à mucilages comme la guimauve (aux indications très proches), le bouillon blanc ou le plantain pour les affections respiratoires. Pour les troubles digestifs, elle se combine avantageusement avec l'anis, le fenouil et l'armoise. En usage externe, l'association avec les fleurs de sureau potentialise son action dans les inflammations oculaires.
La mauve apaise naturellement les irritations respiratoires et digestives grâce à sa richesse en mucilages. Elle calme la toux, soulage les maux de gorge et régule en douceur le transit intestinal.
La mauve s'associe classiquement avec la guimauve, le bouillon blanc et le plantain pour les affections respiratoires. Pour les troubles digestifs, elle se combine avec l'anis, le fenouil et l'armoise. En usage externe ophtalmologique, elle se marie bien avec les fleurs de sureau.
Infusion : 10 g de fleurs par litre d'eau, infuser 10 minutes. Boire 3 tasses par jour.
Tisane pour colites sèches : Mauve (feuilles et fleurs) 50 g, armoise 30 g, anis étoilé 10 g, anis vert 20 g, fenouil 20 g. 3 cuillères à soupe du mélange pour 1/2 litre d'eau, laisser bouillir 3 minutes, infuser 10 minutes. À boire dans la journée.
Sirop : en association avec d'autres plantes béchiques (sirop pectoral).
Décoction légère pour gargarismes, bains de bouche et compresses : 40 à 50 g de feuilles dans 1 litre d'eau froide, amener à ébullition, laisser bouillir 1 à 2 minutes maximum, infuser 10 minutes.
Cataplasme de fleurs et feuilles : pour faire mûrir un furoncle ou en compresses contre les dartres. Possibilité de piler avec de l'huile d'olive et d'appliquer sur la peau.
Compresses pour inflammation des paupières : 1 cuillère à café de fleurs de sureau et 1 cuillère à soupe de fleurs de mauve pour 1/4 de litre d'eau froide. Porter à ébullition moins d'une minute, infuser 10 minutes. Filtrer, imprégner des compresses stériles et laisser en contact avec les paupières 10 minutes.
Cataplasme pour arthrite et goutte : cueillir quelques fleurs fraîches, les chauffer sans dessécher, écraser pour exprimer le suc, étaler sur une flanelle et appliquer sur la partie douloureuse.
PARTIES UTILISEES:
Aucune contre-indication connue.
La mauve est une plante très bien tolérée, sans toxicité répertoriée. Elle peut être utilisée en toute sécurité chez l'adulte, l'enfant et même le nourrisson pour la constipation légère.