Valeriana officinalis L.
La valériane officinale est une plante sédative majeure, reconnue pour son action apaisante sur le système nerveux central. Elle favorise la détente, améliore la qualité du sommeil et soulage les manifestations somatiques du stress.

La valériane officinale (Valeriana officinalis L.) est une plante herbacée vivace de la famille des Valerianaceae, mesurant de 70 à 150 cm de hauteur. Elle affectionne les lieux humides et ombragés et se rencontre dans la plupart des régions tempérées d'Europe et d'Asie, ainsi qu'en Amérique du Nord-Est, mais reste absente de la zone méditerranéenne.
Cette espèce se caractérise par un rhizome gris-jaune à gris-brun clair entouré de nombreuses racines fibreuses. Sa tige dressée, glabre, cylindrique et creuse, est cannelée et légèrement ramifiée au sommet. Les feuilles opposées sont composées pennées, comportant 6 à 10 paires de folioles oblongues et dentées, un peu poilues sur leur face inférieure. Les inflorescences se présentent en corymbes trifurqués portant des fleurs hermaphrodites blanches ou rosées, brièvement éperonnées, à corolle zygomorphe et pentamère. Le fruit est un akène surmonté d'une aigrette plumeuse.
La valériane est aussi connue sous de nombreux noms vernaculaires évocateurs de ses vertus : Guérit-tout, Herbe-aux-chats, Herbe aux coupures, Herbe de Notre Dame, Herbe de Saint Georges, ou encore Herbe du Loup. Le nom « Valériane » dériverait du latin valere (« être fort, être en bonne santé ») ou de Valeria, province romaine de Pannonie où cette plante proliférait.
La valériane possède une longue tradition médicinale remontant à l'Antiquité. Hippocrate et Dioscoride la recommandaient déjà pour diverses indications, tandis que Pline la signalait comme remède contre les contractions nerveuses. Le Codex de Lauresheim (vers 800 ap. J.-C.) décrivait la racine de valériane comme un équilibrant naturel entre sommeil et éveil : « Elle compense l'excès de sommeil par l'éveil, et apporte le sommeil dans les moments d'insomnie, elle guérit de l'épuisement et fait disparaître l'indolence ».
Au XVIIe siècle, différents médecins italiens la préconisaient comme antispasmodique puissant, capable même de traiter l'épilepsie. Au fil des siècles, la valériane s'est vue attribuer une multitude de vertus, parfois contradictoires, ce qui lui a valu le surnom de « Guérit-tout ». Le médecin français Cazin, au XIXe siècle, la recommandait pour diminuer l'urée et lutter contre le diabète.
Les parties souterraines de la valériane (rhizome, racines, stolons) renferment une composition complexe responsable de ses propriétés thérapeutiques :
Cette synergie moléculaire confère à la valériane son profil pharmacologique unique, centré sur la régulation du système nerveux central.
De nombreuses études pharmacologiques et cliniques ont confirmé l'activité thérapeutique majeure de la valériane sur le système nerveux central. Ses principales propriétés sont :
La valériane est particulièrement indiquée dans la prise en charge des troubles nerveux fonctionnels et des manifestations somatiques du stress :
Les formes extractives (gélules, comprimés d'extraits standardisés, teinture-mère) sont à privilégier en raison du goût peu agréable de la drogue sèche. La posologie varie selon l'effet recherché :
Les préparations traditionnelles (infusions, macérations, alcoolatures, bains relaxants) restent également d'actualité pour un usage domestique.
La valériane officinale est une référence incontournable en phytothérapie nerveuse. Elle convient particulièrement aux personnes nerveuses, agitées et désordonnées. Son innocuité remarquable et son efficacité validée par de nombreuses études en font une alternative naturelle de choix aux anxiolytiques et hypnotiques de synthèse, à condition de respecter les contre-indications (grossesse, allaitement) et d'éviter les surdosages prolongés.
La valériane est reconnue pour ses vertus apaisantes sur le système nerveux, favorisant détente et sommeil réparateur. Elle soulage également les tensions digestives d'origine nerveuse.
La valériane se marie classiquement avec la passiflore, l'aubépine et la mélisse pour potentialiser l'action sédative et anxiolytique. Association possible avec l'eschscholtzia pour les troubles du sommeil, et avec le houblon ou la camomille pour les manifestations somatiques du stress.
PARTIES UTILISEES:
Contre-indications :
Précautions d'emploi :
Interactions médicamenteuses potentielles : prudence en association avec d'autres sédatifs, anxiolytiques ou hypnotiques (risque d'effet additif).