Quelques capitules dans une grande tasse d'eau bouillante, infuser 10 min. 2 à 3 tasses/jour après les repas.
Aucune contre-indication majeure. Éviter en cas d'allergie aux Astéracées. Usage prudent pendant la grossesse.
La Camomille romaine (Anthemis nobilis L.) est une plante herbacée vivace de la famille des Asteraceae, couverte de poils, à nombreuses feuilles alternes 2-3 fois divisées pennées. Ses capitules floraux solitaires, atteignant 3 cm, sont constitués presque exclusivement de fleurs ligulées blanches qui se recouvrent (variété horticole double). La plante utilisée en herboristerie est essentiellement la variété cultivée en Anjou.
On trouve la variété simple dans toute l'Europe occidentale, dans les sols secs et sablonneux riches en silice, jusqu'à 1000 m d'altitude, ainsi qu'en Amérique du Nord et en Argentine. Aussi appelée Camomille d'Anjou, Camomille double ou Camomille odorante, son nom dérive du grec khamai (« à terre ») et mêlon (« pomme ») — son odeur évoque celle de la pomme.
La Camomille romaine est appréciée par les Égyptiens, les Grecs et les Romains depuis l'Antiquité. Traditionnellement réputée tonique, stomachique, anti-spasmodique et analgésique, elle est l'une des plantes médicinales européennes les plus utilisées au fil des siècles.
Les capitules odorants (odeur pénétrante et agréable, saveur amère) concentrent :
L'action anti-inflammatoire et anti-spasmodique de la Camomille romaine repose principalement sur les flavonoïdes combinés aux lactones sesquiterpéniques, contrairement à la matricaire qui utilise davantage l'azulène et le bisabolol.
La Camomille romaine se distingue par sa double action : anti-spasmodique et tonique amer-aromatique. Ce dernier profil la rend à la fois apéritive (stimule l'appétit), eupeptique (stimule sécrétions salivaires, gastriques et intestinales) et cholagogue (favorise l'évacuation biliaire).
Son action anti-inflammatoire, carminative, emménagogue et fébrifuge élargit ses indications. En voie externe, elle est anti-phlogistique (calme les inflammations locales) et anti-prurigineuse.
Sphère digestive : troubles de la digestion (dyspepsie), ballonnements, colites spasmodiques. Plante de référence dans les troubles digestifs fonctionnels.
Sphère hormonale féminine : troubles de la menstruation, règles douloureuses. L'action anti-spasmodique soulage les contractions douloureuses.
Sphère neuro-digestive : migraines digestives ou hépatiques, états nauséeux. Elle calme à la fois la migraine et son origine digestive.
Voie externe : irritations de la peau et de la cavité buccale, crevasses, gerçures, irritation oculaire (en bain d'yeux dilué et filtré), névralgies, douleurs articulaires et musculaires.
L'infusion de quelques capitules dans une grande tasse est la forme classique, à boire avant ou après les repas. La teinture et les extraits standardisés conviennent à un usage régulier.
En usage externe, la Camomille romaine se prête à de nombreuses préparations : bains de bouche, bains d'yeux, cataplasmes, pommades, huiles de massage. La recette traditionnelle de l'huile de massage à base de camomille, arnica et bruyère est un classique anti-douleur.
La Camomille romaine présente un excellent profil de sécurité. Seule précaution : éviter en cas d'allergie connue aux lactones sesquiterpéniques (famille des Asteraceae). Usage prudent durant la grossesse en raison de l'effet emménagogue.
Plante médicinale familière par excellence, la Camomille romaine conserve toute sa pertinence dans la phytothérapie contemporaine. Sa polyvalence — digestive, anti-spasmodique, anti-inflammatoire, gynécologique et cutanée — en fait l'un des piliers de la pharmacopée européenne traditionnelle. À distinguer soigneusement de la Matricaire (Matricaria recutita), aux propriétés voisines mais à composition phytochimique différente.
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