Absinthe

Artemisia absinthium L.

L'Absinthe est une plante médicinale ancestrale, tonique amer par excellence, reconnue pour stimuler l'appétit, faciliter la digestion et éliminer les parasites intestinaux. Son amertume caractéristique en fait un remède traditionnel des troubles digestifs.

Absinthe (Artemisia absinthium L.)

BIENFAITS

L'absinthe est reconnue pour stimuler l'appétit et faciliter la digestion grâce à son amertume caractéristique. Elle aide également à éliminer les parasites intestinaux et à soulager les ballonnements.

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Autres noms

Grande absinthe, Herbe sainte, Absinthe suisse, Armoise amère, Herbe aux vers — Anglais : Absinth, Wormwood

Origine du nom

Le nom artemisia vient de la déesse Artémis, qui lui aurait donné son nom en reconnaissance des bienfaits qu'elle procure aux humains.

Le nom absinthium signifie « non sucré », en raison de l'extrême amertume de la plante.

Description et habitat

  • Sous-arbrisseau vivace pouvant atteindre 1 m de hauteur, des savanes d'Asie et d'Europe.
  • Assez commun dans les Alpes, où il pousse jusqu'à 2 000 m ; commun aussi en Afrique du Nord et en Amérique.
  • Tige dressée, rameuse.
  • Feuilles alternes, bi- à tri-pennatiséquées, aromatiques et pubescentes sur les deux faces (aspect soyeux). Les feuilles supérieures peuvent être entières et linéaires.
  • Inflorescences en grappes ramifiées de petits capitules jaunes, globuleux, composés de fleurs tubuleuses.
  • Fruits : akènes sans aigrette (très petits).

Historique et vertus traditionnelles

En Égypte ancienne, l'usage médical d'extraits d'absinthe est mentionné dans le papyrus d'Ebers.

Dans l'Antiquité grecque et romaine, on l'utilisait en infusion comme antidote du poison (ciguë), pour ses vertus abortives, ainsi que pour ses propriétés vermifuges.

Au Moyen-Âge, elle était utilisée contre le mal de mer.

Au XVIIe siècle, l'absinthe servait d'insecticide naturel.

Parties utilisées

Feuilles et sommités fleuries

Constituants connus

  • Acides-phénols : acide caféique…
  • Flavonoïdes.
  • Huile essentielle (0,2 à 1,5 %) à terpènes : β-thujone et nombreux mono- et sesquiterpènes (chamazulène…).
  • Lactones sesquiterpéniques : absinthine, isoabsinthine, arténolide (dimères), artanolide, désacétylglobicine (monomères)…

Propriétés — voie interne

  • Tonique amer.
  • Carminatif.
  • Laxatif léger par stimulation du péristaltisme intestinal.
  • Cholérétique.
  • Emménagogue.
  • Analgésique.
  • Anti-inflammatoire léger.
  • Anthelminthique (vermifuge).
  • Insectifuge.
  • Anti-nauséeux.

Propriétés — voie externe

  • Active la régénération tissulaire.

Indications — voie interne

Sphère digestive

  • Troubles de la digestion : dyspepsie, inappétence.
  • Anorexie.
  • Ballonnements, flatulences par hypofonctionnement du système parasympathique.
  • Dyskinésie des voies biliaires.
  • Présence d'helminthes (vers) : oxyures, ascaris.

Autres

  • Aménorrhée, dysménorrhée.

Indications — voie externe

Mode d'emploi — voie interne

  • Infusion : 5 g de sommités fleuries séchées par litre d'eau ; prendre une petite tasse 2 à 3 fois par jour. Avant les repas pour stimuler l'appétit, après les repas pour les problèmes gastro-intestinaux — mais très grande amertume.
  • En poudre (1 à 2 g) comme vermifuge.
  • En alcoolature ou teinture : 30 gouttes, 2 à 3 fois par jour.
  • En vin (20 à 30 g par litre) : 1 verre à liqueur par jour.

Mode d'emploi — voie externe

  • Compresse d'infusé ou de décocté.
  • Cataplasme de feuilles écrasées.

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Précautions d'emploi

  • Aucune connue dans l'usage classique — possibles céphalées chez les personnes sensibles aux amers.
  • À éviter en cas d'ulcère duodénal ou d'estomac.
  • Éviter les trop fortes doses : nausées, vomissements.
  • L'huile essentielle est convulsivante : la thujone accentue les effets de l'alcool et est toxique à haute dose.

Notez-le

Des études scientifiques récentes ont démontré que les boissons à base d'absinthe ne présentaient pas de danger aussi longtemps que le taux de thujone reste inférieur à 2 mg/L. La teneur en thujone est très variable selon la provenance géographique des plantes (notion de chémotypes).

Ne pas confondre l'absinthe (Artemisia absinthium) avec le semen-contra (Artemisia cina Berg.) ni avec l'absinthe chinoise (Artemisia annua L.), utilisée contre la fièvre et le paludisme et dont le composé actif est une lactone sesquiterpénique appelée artémisine.

Recettes traditionnelles

Tisane contre l'anorexie

Mélanger 5 g d'absinthe, 5 g de racine d'angélique, 5 g de marrube, 7 g de mélisse, 3 g de fenouil (semences). Mettre 1 cuillère à café dans 200 mL d'eau, porter à ébullition et laisser infuser jusqu'au refroidissement complet, puis passer. Prendre 1 verre à eau 20 à 30 min avant les repas.

Tisane contre l'inflammation de la vésicule et des voies biliaires

Mélanger 3 g de semences de fenouil, 3 g de feuilles de séné, 5 g d'absinthe, 5 g de marrube, 5 g de racine de guimauve, 5 g de racine de réglisse, 6 g de menthe. Mettre à macérer 2 cuillères à thé dans 200 mL d'eau froide pendant la nuit. Le matin, porter à ébullition, faire bouillir 2 min puis refroidir 10 min avant de filtrer. Prendre ½ tasse avant déjeuner et dîner.

Liqueur traditionnelle

Exemple de composition : 10 g d'anis, 8 g de fenouil, 2 g d'absinthe, 350 g de mélisse, 600 g d'hysope, 600 g de petite absinthe (Artemisia pontica).

Synergies

L'Absinthe se marie traditionnellement avec le Fenouil (atténuation de l'amertume, synergie carminative), la Menthe poivrée (troubles digestifs), la Mélisse (sphère digestive et nerveuse), le Marrube blanc (action tonique amère), l'Angélique (stimulation digestive) et la Réglisse (protection gastrique, atténuation de l'amertume). Ces associations permettent de moduler son goût très amer tout en renforçant son efficacité thérapeutique.

Ce qu'il faut retenir

  • Tonique amer aux propriétés vermifuges.
  • À utiliser en mélange à cause de son amertume marquée.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas un avis médical. En cas de pathologie, de grossesse, d'allaitement ou de traitement en cours, demandez conseil à un professionnel de santé.