Buxus sempervirens L.
Arbuste toujours vert aux feuilles persistantes, le Buis est utilisé en phytothérapie pour ses propriétés diurétiques et fébrifuges dans le traitement des affections rhumatismales. Plante toxique nécessitant une vigilance stricte dans son usage thérapeutique.

Le Buis (Buxus sempervirens) est connu depuis l'Antiquité, bien que ses propriétés médicinales n'aient été reconnues et exploitées qu'à partir du Moyen Âge. Son nom provient du grec « pyros » qui désignait cette plante aux multiples usages. Traditionnellement, il était employé comme dépuratif et anti-dartre, reflétant les connaissances empiriques de nos ancêtres en matière de santé cutanée et d'élimination des toxines.
Symbole d'éternité chez les Gaulois en raison de son feuillage persistant, le Buis a traversé les siècles en conservant une place particulière dans la culture européenne, tant au jardin qu'en pharmacopée naturelle. Ses feuilles au goût très amer témoignent de sa richesse en principes actifs.
Le Buis est un arbuste touffu monoïque, originaire de Perse, pouvant atteindre de 1 à 6 mètres de hauteur. Il affectionne particulièrement les terrains calcaires et les lieux ensoleillés, où il développe un port dense et compact.
Ses feuilles persistantes, opposées, ovales, luisantes et coriaces, présentent un limbe entier porté par un court pétiole. L'écorce lisse et grisâtre contraste avec le vert brillant du feuillage. Les fleurs, unisexuées et dépourvues de corolle, se distinguent par leur calice à 4 divisions pour les fleurs femelles et 6 divisions pour les fleurs mâles. Elles se regroupent en petits glomérules à l'aisselle des feuilles.
Les fruits se présentent sous forme de petites capsules à 2-3 cornes renfermant des graines noires et brillantes, caractéristiques de l'espèce.
La richesse thérapeutique du Buis réside principalement dans sa composition en alcaloïdes stéroïdiques, présents à hauteur de 1 à 3 % dans les feuilles. Plus de 84 alcaloïdes différents ont été identifiés, parmi lesquels la buxine (responsable de l'amertume caractéristique et possiblement identique à la berbérine), la parabuxine, la parabuxonidine, la cyclobuxine et la buxamine.
La plante contient également des triterpènes et stéroïdes, des phénols simples comme l'arbutoside, des flavonoïdes aux propriétés antioxydantes, des oses, des tanins et une huile essentielle en faible quantité. Cette synergie complexe de composés explique la diversité des actions thérapeutiques du Buis.
Usage interne : Le Buis se distingue par ses propriétés fébrifuges remarquables, justifiant son emploi traditionnel en cas de fièvres. Son action diurétique favorise l'élimination rénale et contribue au traitement des affections où l'augmentation de la diurèse est recherchée. La plante possède également des vertus anti-infectieuses, sudorifiques et cholagogues, stimulant la sécrétion biliaire.
En tant que tonique amer, le Buis stimule l'appétit et facilite la digestion. Ses propriétés laxatives et purgatives, ainsi que vermifuges, complètent le tableau de ses applications digestives.
Usage externe : Le Buis exerce une action vulnéraire précieuse, favorisant la cicatrisation et la reconstitution des tissus sains. Cette propriété justifie son emploi traditionnel dans le traitement de l'eczéma, de l'acné et autres affections cutanées.
La sphère ostéo-articulaire constitue un domaine privilégié d'application du Buis, notamment dans le traitement de la goutte et des affections rhumatismales chroniques. Les feuilles et tiges démontrent une efficacité particulière contre les états fébriles.
En dermatologie, le Buis trouve sa place dans la prise en charge de l'eczéma, de l'acné et des pellicules, grâce à ses propriétés antiseptiques et cicatrisantes. Son action sur l'élimination rénale en fait un adjuvant précieux dans diverses situations nécessitant une diurèse accrue.
Les études contemporaines ont permis de mieux comprendre les mécanismes d'action du Buis. Les alcaloïdes stéroïdiques exercent une action inhibitrice sur la cholinestérase, enzyme clé du système neuromusculaire, expliquant certains effets physiologiques de la plante, mais aussi sa toxicité potentielle avec des effets tétanisants et paralysants en cas de surdosage.
Des recherches prometteuses suggèrent que ces mêmes alcaloïdes pourraient posséder une activité immunostimulante et anti-tumorale, ouvrant des perspectives thérapeutiques nouvelles. Des études in vitro ont par ailleurs confirmé l'action antivirale du Buis, validant certains usages traditionnels.
Le Buis est une plante relativement toxique qui exige une vigilance stricte quant aux doses utilisées et à la durée du traitement. Un surdosage peut provoquer des vomissements, des diarrhées et des convulsions, conséquences de l'action des alcaloïdes sur le système nerveux.
Il est impératif d'éviter les usages prolongés et de privilégier l'emploi du Buis en mélange avec d'autres plantes pour diluer sa toxicité. Cette plante ne doit être utilisée que sous surveillance appropriée et dans le respect strict des dosages recommandés par un professionnel de santé qualifié.
Le Buis est traditionnellement reconnu pour favoriser l'élimination rénale et soulager les affections rhumatismales chroniques, tout en contribuant à la cicatrisation des tissus cutanés.
Le Buis est traditionnellement associé à des plantes diurétiques comme la Reine-des-prés ou l'Orthosiphon pour renforcer l'élimination rénale, et avec le Cassis ou l'Harpagophytum dans les formules anti-rhumatismales. En usage externe, il peut être combiné à la Bardane ou la Pensée sauvage pour les affections cutanées.
Décocté : 40 g de feuilles par litre d'eau, faire bouillir 2 à 3 minutes, laisser infuser 10 minutes. Prendre 3 tasses par jour en cas de bronchite ou de rhumatismes chroniques.
Poudre de feuilles : 2 à 4 g mélangés dans du miel, action laxative et purgative.
Alcoolature ou teinture : selon les recommandations du fabricant.
Vin médicinal : 60 g de feuilles par litre de vin. Prendre un petit verre sucré avant les repas comme apéritif et digestif.
Vin médicinal (250 g/l) : faire bouillir du buis dans du vin, utiliser en application locale comme détersif, cicatrisant et calmant dans les douleurs nerveuses.
Lotion antipelliculaire : faire macérer 50 g de feuilles finement coupées dans 500 ml d'alcool à 45° pendant 15 jours, filtrer et ajouter quelques gouttes d'huile essentielle de lavande. Frictionner quotidiennement le cuir chevelu.
PARTIES UTILISEES:
Attention : plante relativement toxique
Le Buis contient des alcaloïdes stéroïdiques qui peuvent être toxiques en cas de surdosage. Les précautions suivantes doivent être strictement observées :
Contre-indications absolues :
Les alcaloïdes du Buis exercent une action inhibitrice sur la cholinestérase, affectant le système neuromusculaire avec des effets tétanisants et paralysants potentiels.