Elytrigia repens L.
Le Chiendent (Elytrigia repens) est une plante vivace aux vertus diurétiques et émollientes reconnues depuis le XVIIe siècle. Ses rhizomes sont traditionnellement utilisés pour favoriser l'élimination rénale et apaiser les inflammations des voies urinaires.

Le Chiendent officinal (Elytrigia repens L.) appartient à la famille des Poacées. Cette plante vivace très commune sur tous les continents se propage par de longs rhizomes traçants et peut atteindre 1,5 mètre de hauteur, prospérant jusqu'à 2000 mètres d'altitude. Ses rhizomes jaune-pâle, creux, présentent une saveur mucilagineuse légèrement sucrée et portent des tiges fertiles ou stériles. Les feuilles très fines, allongées et vert clair, possèdent une gaine qui embrasse la tige. L'inflorescence se présente en épi distique comprimé et dressé d'environ 15 cm de long, composé d'épillets sessiles, compacts, aplatis et très fleuris. Chaque épillet porte 2 glumes lancéolées aiguës et au-dessus, 4 à 6 fleurs vertes hermaphrodites sans calice ni corolle. Le fruit est un caryopse.
Le nom vernaculaire de Chiendent proviendrait soit de l'habitude qu'ont les chiens et les chats de se purger en mangeant ses feuilles, soit de la forme conique aiguë des bourgeons des rhizomes évoquant une dent de chien. En anglais, on le nomme Couch grass, Quick-grass ou Dog-grass. Bien que détesté des jardiniers en raison de sa capacité de propagation vigoureuse, le Chiendent possède des vertus médicinales remarquables.
Contrairement à de nombreuses plantes médicinales, le Chiendent ne retrouve nulle trace d'emploi dans l'Antiquité ni au Moyen-Âge. Il faut attendre le XVIIe siècle pour que l'on commence à parler de ses vertus diurétiques. Depuis lors, la phytothérapie traditionnelle européenne a largement reconnu ses bienfaits pour la sphère urinaire, notamment dans le traitement des cystites et des lithiases rénales. Les herboristes ont également valorisé ses propriétés émollientes et laxatives douces pour le confort digestif.
Le rhizome de Chiendent contient une composition riche et diversifiée qui explique ses multiples propriétés thérapeutiques. On y trouve des polysaccharides homogènes issus de végétaux supérieurs, notamment des fructanes dont la triticine (3 à 8%), ainsi que des mucilages (10%) qui confèrent à la plante ses propriétés émollientes et adoucissantes. Les saponosides à génine stéroïdique contribuent à l'action diurétique, tandis que les oses sous forme de polyols (mannitol, inositol) renforcent l'effet osmotique favorisant l'élimination hydrique. Une huile essentielle en très faible quantité apporte une action antibactérienne complémentaire. Enfin, les sels de potassium participent à l'effet diurétique global.
Le Chiendent présente quatre propriétés principales qui font de lui un remède de choix pour diverses affections. Son action diurétique puissante facilite l'élimination rénale et favorise le drainage des voies urinaires, ce qui en fait un allié précieux dans le traitement des infections urinaires et des lithiases. Ses propriétés émollientes permettent d'apaiser et d'adoucir les muqueuses irritées, tant au niveau respiratoire que digestif ou urinaire. L'effet laxatif doux du Chiendent le rend particulièrement adapté aux constipations chroniques sans provoquer d'irritation intestinale. Enfin, son activité antibactérienne légère contribue à lutter contre les infections, notamment au niveau urinaire.
Le Chiendent trouve ses indications principales dans plusieurs sphères organiques. Pour la sphère urinaire, il est particulièrement recommandé en cas de cystites et surtout de lithiases rénales et urinaires, où son action diurétique et émolliente permet de faciliter l'évacuation des calculs tout en apaisant l'inflammation. Pour la sphère ostéo-articulaire, le Chiendent est traditionnel dans le traitement de la goutte et des rhumatismes, en favorisant l'élimination de l'acide urique. Au niveau de la sphère digestive, il soulage efficacement la constipation chronique grâce à son action laxative douce et non irritante. Enfin, pour la sphère respiratoire, ses propriétés émollientes en font un excellent antitussif naturel.
Le Chiendent s'utilise principalement sous forme d'infusion ou de décoction. Une tisane dépurative et diurétique associant chiendent, bruyère, verge d'or, cônes de cyprès et pariétaire constitue un excellent remède contre les cystites des prostatiques. Une boisson fortifiante, adoucissante et régénérante se prépare en faisant macérer dans 1 litre d'eau sucrée du rhizome de chiendent, de l'orge perlée, de la réglisse, une tranche de citron et une pomme coupée. Le suc frais de feuilles est traditionnellement utilisé comme dépuratif printanier pour nettoyer l'organisme après l'hiver.
Le Chiendent présente un excellent profil de sécurité d'emploi. Aucune contre-indication ni précaution particulière n'est connue, ce qui en fait une plante accessible au plus grand nombre. Cette innocuité remarquable permet son utilisation même dans le cadre de traitements prolongés, notamment pour la constipation chronique ou les lithiases récidivantes. Il convient néanmoins de respecter les posologies recommandées et de ne pas dépasser 1 litre de préparation par jour.
Le Chiendent demeure aujourd'hui une plante de référence en phytothérapie pour toutes les affections de la sphère urinaire et pour favoriser l'élimination rénale. Son action douce mais efficace, son absence de toxicité et la richesse de sa composition en font un remède de premier choix, particulièrement adapté aux traitements de fond et aux cures saisonnières dépuratives. Sa polyvalence d'action permet de l'intégrer dans de nombreuses formules composées, où il potentialise l'action d'autres plantes médicinales.
Le Chiendent favorise l'élimination rénale et soulage les inflammations des voies urinaires grâce à son action diurétique et adoucissante. Il contribue également au confort digestif en cas de constipation légère.
Le Chiendent s'associe traditionnellement avec la bruyère, la verge d'or, le cyprès et la pariétaire pour les affections urinaires. Pour la constipation, il se combine avantageusement avec la pensée sauvage, le pissenlit, la rose pâle, la réglisse et la menthe poivrée. Pour les cures dépuratives, l'association avec l'orge, la réglisse et le citron est classique.
40 g de rhizome par litre d'eau, infusion 10 minutes. Boire 3 tasses par jour.
Faire bouillir 30 g de rhizome pendant 1 minute dans 1 litre d'eau, rejeter cette première eau amère. Écraser le chiendent et le faire bouillir à nouveau dans 1,2 litre d'eau jusqu'à réduction à 1 litre. Ajouter 10 g de réglisse, laisser refroidir et filtrer.
Mélanger : 50 g de rhizome de chiendent, 40 g de pensée sauvage, 40 g de racines de pissenlit, 30 g de rose pâle, 10 g de réglisse, 10 g de menthe poivrée. Compter 4 cuillères à soupe du mélange pour 1 litre d'eau froide. Faire bouillir 1 minute, laisser infuser 10 minutes. Filtrer et boire une tasse avant et après les deux principaux repas.
Dépuratif de printemps.
PARTIES UTILISEES:
Aucune contre-indication connue.