Gentiana lutea L.
La Gentiane jaune (Gentiana lutea) est le tonique amer de référence. Apéritive, eupeptique et cholagogue, elle stimule la digestion, combat l'asthénie et soutient la convalescence. Grande plante médicinale qui traverse les âges.

La Gentiane jaune (Gentiana lutea L.) est une plante vivace vigoureuse de la famille des Gentianaceae, pouvant atteindre 1 à 2 m de haut. Elle pousse en France, Espagne et dans les Balkans entre 1000 et 2500 m d'altitude, en particulier dans les pâturages d'altitude, et est cultivée pour les besoins de la liquoristerie. Sa racine brunâtre peut atteindre plusieurs centimètres d'épaisseur, à l'odeur faible mais à la saveur sucrée puis amère, persistante et intense.
Aussi appelée Grande gentiane, Quinquina indigène, Quinquina des pauvres ou Jansonna, son nom vient du roi Gentius d'Illyrie (Balkans) qui l'utilisa contre la peste dans son armée.
Inconnue dans la Haute Antiquité, vulgarisée par le roi Gentius en 180 av. J.-C., la Gentiane fut préconisée par Dioscoride et Pline contre les morsures de serpents, les maladies de foie et d'estomac, les ulcères et les convulsions. Au Moyen Âge, elle est utilisée comme stomachique et contre les vers intestinaux. Au XVIe siècle, Mathiole la reconnaît comme diurétique, fébrifuge et antidote des piqûres de scorpion. Au début du XXe siècle, le Dr H. Leclerc la considère comme « le type le plus parfait des amers purs », ayant « la propriété de déterminer un renforcement lent mais durable du métabolisme basal ».
La racine concentre :
La Gentiane est avant tout le tonique amer de référence. Son action apéritive et eupeptique stimule les sécrétions salivaires, gastriques et au niveau de l'intestin grêle, ainsi que la motilité gastrique. Cholagogue, carminative, fébrifuge, elle est aussi immunostimulante, anti-inflammatoire, anti-fongique, anti-asthénique et anti-dépressive grâce à ses xanthones et hydroxyflavanones. En externe, c'est un tonique capillaire.
Sphère digestive (indication majeure) : dyspepsie, inappétence, ballonnements, flatulences par hypofonctionnement du parasympathique, lourdeur post-prandiale.
Autres : infections microbiennes, asthénie, convalescence, états dépressifs.
Voie externe : cheveux dévitalisés.
Le décocté à 30 g/l (très amer !) est la forme la plus active. La teinture et les vins amers sont les formes traditionnelles les plus appréciées. Le vin de gentiane composé à la camomille romaine, au quinquina et à l'écorce d'orange amère est un grand classique stomachique et tonique.
Aucune contre-indication majeure. À éviter en cas d'ulcère duodénal ou d'estomac (effet stimulant des sécrétions acides). Éviter les fortes doses (nausées, vomissements). Attention à la confusion avec le vérâtre qui pousse aux mêmes endroits et est extrêmement toxique.
Grande plante médicinale qui a traversé les âges, la Gentiane reste d'actualité. De nouvelles propriétés sont à l'étude : effet sur le SNC (endurance, analgésie légère, antidépression et anti-psychose), effet hépato-protecteur, effet anti-cancéreux sur le cancer du colon. La gentiane est aussi une plante emblématique de la liquoristerie (Suze, Avèze, Salers, Génépi…).
La Gentiane jaune (Grande gentiane) est considérée comme le tonique amer de référence. Elle stimule l'appétit, facilite la digestion et combat l'asthénie. Plante médicinale millénaire, elle traverse les âges et reste incontournable des troubles digestifs et de la convalescence.
Synergie classique avec le Quinquina, l'Écorce d'orange amère et la Camomille romaine dans les vins amers apéritifs. Associée à l'Acore, au Ményanthe et à l'Anis dans les vins toniques nerveux. Pour l'asthénie, complémentaire du Quinquina, de la Cannelle et de l'Aubépine.
Mélanger 15 g de racine de gentiane coupée, 30 g d'écorce de quinquina, 8 g d'écorce d'orange amère et 4-5 « têtes » de camomille romaine avec 125 g d'eau de vie et 1 l de vin rouge de qualité. Macérer 10 jours, filtrer, sucrer. Un petit verre par jour.
Macérer 10 jours 30 g de racine dans 1 l de bon vin blanc ; filtrer, ajouter 100 g de sucre ; un verre à bordeaux avant les principaux repas.
Macérer 3 jours dans 1 l de vin rouge : 1 c. à soupe de racine + 5 g de ményanthe + 5 g d'acore + 5 g de zeste d'orange + 3 g d'anis + 300 g de sucre. Filtrer, embouteiller ; 3 verres à bordeaux par jour.
PARTIES UTILISEES: