Glechoma hederacea L.
Le lierre terrestre est une plante médicinale de la famille des Lamiacées, reconnue depuis des siècles pour ses vertus pectorales. Efficace contre la toux et les affections bronchiques, elle agit comme expectorant et anti-inflammatoire des voies respiratoires.

Le lierre terrestre (Glechoma hederacea L.) est une petite plante herbacée vivace de la famille des Lamiacées, très répandue dans les sous-bois et lieux ombragés d'Europe. Son nom latin provient du grec « glêkhôn » désignant la menthe pouillot, tandis que « hederacea » fait référence au lierre grimpant en raison de ses tiges rampantes caractéristiques.
Mesurant de 5 à 30 cm de hauteur, la plante se distingue par ses tiges couchées rampantes qui s'enracinent aux nœuds et émettent des tiges florifères dressées. Ses petites feuilles opposées, pétiolées, presque rondes et en forme de cœur à la base, sont finement crénelées. Les fleurs violacées de 1,5 à 2,5 cm, typiquement bilabiées comme chez les Lamiacées, apparaissent en glomérules de 2 ou 3 fleurs tournées du même côté, à l'aisselle des feuilles.
Probablement inconnu dans l'Antiquité occidentale, le lierre terrestre était néanmoins utilisé en Grèce ancienne pour traiter les inflammations oculaires, les bronchites chroniques et les maux de tête nerveux. Vanté au XVIe siècle contre les plaies externes et internes, il n'apparaît véritablement au rang des plantes pectorales qu'au XVIIe siècle, période à laquelle ses propriétés respiratoires sont reconnues et valorisées.
Le lierre terrestre renferme une composition riche et diversifiée qui explique ses multiples propriétés thérapeutiques :
Le lierre terrestre est avant tout une plante béchique de premier ordre, c'est-à-dire qu'elle calme efficacement la toux, adoucit les muqueuses bronchiques irritées et facilite l'expectoration. Son action expectorante permet d'évacuer les sécrétions bronchiques dans les affections respiratoires aiguës et chroniques.
La plante exerce également une action tonique qui soutient l'organisme durant les périodes de convalescence. Son caractère astringent et asséchant la rend particulièrement utile dans les catarrhes chroniques où les sécrétions sont abondantes et persistantes.
L'action anti-inflammatoire à tropisme broncho-pulmonaire, comparable à celle du marrube blanc, justifie son usage traditionnel dans les bronchites et les affections respiratoires inflammatoires. La présence d'acide rosmarinique et de flavonoïdes contribue largement à cette propriété.
En usage externe, le lierre terrestre manifeste des propriétés vulnéraires remarquables, favorisant la cicatrisation des plaies, ulcères cutanés et brûlures légères.
Le lierre terrestre trouve sa principale indication dans les affections de la sphère respiratoire :
En usage externe, le lierre terrestre s'avère précieux pour :
La tisane ou infusion reste la forme galénique la plus courante : 15 à 30 g de parties aériennes par litre d'eau, en infusion de 10 minutes, à raison de 3 à 4 tasses par jour entre les repas. Pour renforcer l'action béchique, on peut préparer une tisane au lait (8 g dans 250 ml de lait bouillant, infusé 15 minutes, à boire au coucher avec du miel).
Les mélanges pectoraux associant lierre terrestre, coquelicot, bouillon blanc, mauve et guimauve constituent des préparations traditionnelles particulièrement efficaces contre la bronchite.
La teinture mère permet une utilisation plus concentrée et pratique, notamment en association avec l'aunée et le marrube blanc (30 gouttes 3 fois par jour) dans les sinusites chroniques et toux persistantes.
En externe, les inhalations d'infusion concentrée soulagent rapidement les voies respiratoires encombrées, tandis que les compresses imbibées favorisent la cicatrisation des plaies et ulcères.
Le lierre terrestre occupe une place particulière parmi les plantes pectorales : ses effets sont voisins de ceux du marrube blanc, mais avec une action plus asséchante qui le rapproche de l'hysope. Cette propriété le rend particulièrement adapté aux catarrhes chroniques où les sécrétions sont abondantes et persistantes.
La plante constitue un excellent complément thérapeutique dans les protocoles respiratoires, soit en monothérapie pour les affections bénignes, soit en association avec d'autres plantes pectorales pour renforcer l'action expectorante et anti-inflammatoire.
Le lierre terrestre est généralement bien toléré et ne présente aucune contre-indication majeure connue. Toutefois, un usage prolongé (au-delà de 3 semaines) peut provoquer des diarrhées en raison de son effet astringent. Il convient donc de respecter les durées de traitement recommandées et d'observer des pauses thérapeutiques.
Comme pour toute plante médicinale, il est préférable de consulter un professionnel de santé en cas de symptômes persistants ou de pathologie respiratoire sévère nécessitant une prise en charge médicale adaptée.
Le lierre terrestre apaise efficacement la toux et les affections respiratoires grâce à son action béchique et expectorante, tout en favorisant la cicatrisation des plaies en usage externe.
Le lierre terrestre s'associe traditionnellement avec le marrube blanc, l'aunée, le bouillon blanc, le coquelicot, la mauve et la guimauve dans les affections respiratoires. En externe, il peut être combiné à la consoude ou au calendula pour les plaies.
Infusion : 15 à 30 g de plante sèche par litre d'eau, infusion 10 minutes. Boire 3 à 4 tasses par jour entre les repas.
Décoction (tisane anti-bronchite) : mélange de lierre terrestre (30 g), coquelicot (25 g), bouillon blanc (30 g), mauve (25 g), guimauve (20 g). 3 cuillères à soupe pour 750 ml d'eau, faire bouillir 3 min, infuser 20 min. Sucrer au miel. Boire 3 fois par jour pendant la durée de l'affection.
Teinture mère : 30 gouttes du mélange (lierre terrestre + aunée + marrube blanc en parts égales) 3 fois par jour dans un verre d'eau pendant 20 jours, en cas de sinusite chronique ou toux persistante.
Suc de plante fraîche : application directe contre les brûlures.
Infusion concentrée : en inhalation pour affections bronchiques et rhinorrhée, ou en gargarismes pour inflammations buccales.
Tisane au lait : faire infuser 8 g de lierre terrestre dans 250 ml de lait bouillant pendant 15 min, boire au coucher avec une cuillère de miel (bronchite).
PARTIES UTILISEES:
Aucune contre-indication majeure connue.
Précaution d'emploi : l'usage prolongé peut provoquer des diarrhées. Il est recommandé de ne pas dépasser 3 semaines de traitement continu sans avis médical.