Myrte

Myrtus communis L.

Le myrte est un arbuste méditerranéen aux feuilles persistantes, reconnu depuis l'Antiquité pour ses puissantes propriétés antibactériennes et son tropisme respiratoire. Particulièrement efficace contre les infections pulmonaires, urinaires et les parasites comme les poux.

Myrte

TOUT CE QU'IL FAUT SAVOIR

Histoire et origines du myrte

Le myrte (Myrtus communis) est un arbuste emblématique du bassin méditerranéen, appartenant à la famille des Myrtacées. Son nom dérive du grec ancien « myrtus », témoignant de son ancrage profond dans la culture classique. Mesurant de 2 à 3 mètres de haut, cet arbrisseau à la tige roussâtre se distingue par ses feuilles coriaces persistantes, opposées deux à deux, et ses fleurs blanches odorantes aux nombreuses étamines. Ses baies bleu-noir à maturité, de la taille d'un pois, dégagent une odeur aromatique caractéristique.

Le myrte occupe une place de choix dans l'histoire des civilisations méditerranéennes. Célébré en Perse, en Égypte et chez les Hébreux dans les rites religieux, il était considéré comme sacré. Les Grecs l'utilisaient pour aromatiser leurs vins, tandis que ses propriétés antibiotiques étaient déjà connues dans l'Antiquité. Chez les Romains, le myrte était consacré à Vénus, déesse de l'amour, car on lui attribuait la vertu de faire naître les sentiments amoureux.

Les grands médecins de l'Antiquité, Dioscoride et Pline, mentionnaient déjà le myrte dans leurs écrits. Ambroise Paré, chirurgien du XVIe siècle, l'utilisait pour soigner les plaies, et le jus de myrte était réputé pour protéger les estomacs fragiles et augmenter la diurèse. Au XVIIe siècle, l'« eau d'ange », obtenue par distillation des fleurs, connut un grand succès. Au XIXe siècle, on préconisait des infusions de feuilles et de fleurs contre les leucorrhées, les affections pulmonaires et les hémorroïdes.

Composition et principes actifs

Les feuilles de myrte renferment une composition biochimique particulièrement riche et diversifiée. Parmi les composés majeurs, on retrouve des acides phénols (acide ellagique, acide gallique, acide caféique) aux propriétés antioxydantes marquées, ainsi que des triterpènes comme l'acide ursolique et l'acide oléanolique, reconnus pour leurs effets anti-inflammatoires.

La plante contient également des flavonoïdes variés (kaempférol, myricétine, quercétine, hypéroside) qui contribuent à ses propriétés antioxydantes et vasculoprotectrices. Les tanins, présents sous forme hydrolysable et condensée, expliquent les propriétés astringentes du myrte. L'huile essentielle, riche en 1,8-cinéole, monoterpènes et sesquiterpènes, confère à la plante ses remarquables propriétés antiseptiques respiratoires.

On note également la présence de coumarines (esculoside), de phloroglucinol et de lectines, qui participent à l'ensemble des effets thérapeutiques de cette plante méditerranéenne.

Propriétés thérapeutiques

Le myrte se distingue par son profil antiseptique et bactéricide remarquable, en particulier au niveau des voies respiratoires. Son tropisme pulmonaire prononcé en fait un allié de choix dans les infections broncho-pulmonaires. Les composés terpéniques de son huile essentielle exercent une action mucolytique et expectorante, facilitant l'évacuation des sécrétions.

Les propriétés astringentes du myrte, liées à sa richesse en tanins, lui permettent de resserrer les tissus et muqueuses, ce qui explique son efficacité dans les diarrhées infectieuses et les troubles digestifs. Cette même action astringente trouve son application dans les soins des muqueuses buccales et pharyngées irritées.

Le myrte possède également une action anti-tussive par effet antispasmodique sur les muscles bronchiques, soulageant ainsi les toux irritatives et spasmodiques. Son activité pédiculicide en fait un remède naturel efficace contre les infestations de poux, particulièrement utile en usage externe.

Indications thérapeutiques

En sphère respiratoire, le myrte excelle dans le traitement des infections des voies respiratoires : bronchites, toux grasses ou sèches, affections pulmonaires légères. Son action expectorante et antiseptique en fait un remède de premier choix pour dégager les bronches et assainir les voies aériennes.

Pour la sphère urinaire, le myrte se révèle efficace dans les infections des voies urinaires, notamment les cystites, grâce à ses propriétés antibactériennes et légèrement diurétiques. Son action astringente contribue également à apaiser les irritations vésicales.

Au niveau digestif, la plante trouve son indication dans les diarrhées simples et infectieuses, où elle combine action antibactérienne et astringente pour restaurer un transit normal.

En usage externe, le myrte est particulièrement apprécié pour son efficacité contre les poux de tête (pédiculose), le psoriasis, ainsi que dans les affections bucco-pharyngées (angines, aphtes, maux de gorge). Les bains de myrte sont traditionnellement utilisés pour soulager entorses et foulures.

Précautions et contre-indications

La plante de myrte en elle-même ne présente aucune contre-indication connue et peut être utilisée en toute sécurité dans les dosages recommandés. Toutefois, il convient de faire preuve de prudence avec l'huile essentielle de myrte, qui peut être irritante. Elle doit être utilisée diluée et avec précaution, notamment chez les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes ou allaitantes. Toujours respecter les recommandations d'usage propres à l'aromathérapie.

Le myrte aujourd'hui

Plante emblématique du maquis méditerranéen, le myrte continue d'occuper une place importante en phytothérapie moderne. Ses propriétés antibactériennes validées par l'usage traditionnel et les études biochimiques en font un complément précieux dans l'arsenal thérapeutique naturel, particulièrement pour les affections respiratoires, urinaires et digestives. Son efficacité pédiculicide offre une alternative naturelle aux traitements chimiques conventionnels.

BIENFAITS

Le myrte est particulièrement apprécié pour son action antibactérienne puissante et son affinité pour les voies respiratoires. Il constitue un excellent remède naturel contre les infections pulmonaires, les troubles urinaires et digestifs, tout en offrant une solution efficace contre les poux.

Synergies & Posologie

Synergies avec :

Le myrte s'associe avantageusement avec le thym et l'eucalyptus pour les affections respiratoires, avec la busserole ou la bruyère pour les infections urinaires, et avec le plantain pour les affections de la gorge. En usage externe contre les poux, il se combine efficacement avec les huiles essentielles de tea tree et de lavandin.

Dosage et Posologie

Voie interne

Infusion : 25 g de feuilles par litre d'eau, infuser 10 minutes, boire 2 tasses par jour.

Sirop contre la toux : verser 1 litre d'eau bouillante sur 70 g de feuilles, couvrir et laisser macérer 6 heures. Passer, ajouter 1800 g de sucre et cuire jusqu'à obtenir la consistance d'un sirop.

Voie externe

Gargarismes : utiliser l'infusion (25 g/litre) en bain de bouche.

Pédiculose (enfants de plus de 5 ans) : mélange d'huiles essentielles - 1 ml HE Myrte + 2 ml HE Tea tree + 2 ml HE Lavandin super. En prévention : 3 gouttes du mélange dans un peu de shampooing tous les 2 jours. En curatif : friction du cuir chevelu avec 5 à 6 gouttes matin, insister sur la nuque et derrière les oreilles.

Bain pour entorses et foulures : 100 g de myrte pour 2 litres d'eau, infuser 10 minutes, bain de 10 minutes.

PARTIES UTILISEES:

Feuilles

Précautions & Contre-indications

Aucune contre-indication connue pour la plante.

Attention : l'huile essentielle de myrte peut être irritante. Respecter les précautions d'usage des huiles essentielles, notamment chez les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et allaitantes.