Pulmonaria officinalis L.
La pulmonaire est une plante traditionnellement utilisée pour soulager les affections respiratoires. Riche en mucilages et en minéraux, elle calme la toux, facilite l'expectoration et fortifie les bronches, tout en apaisant les inflammations.

La pulmonaire (Pulmonaria officinalis) est une plante herbacée vivace de la famille des Boraginacées, mesurant entre 10 et 40 cm de hauteur. Elle se distingue par ses feuilles cordiformes couvertes de poils rudes et souvent maculées de taches blanches qui disparaissent lors du séchage. Ces taches caractéristiques ont donné naissance à son nom vernaculaire : selon la théorie des signatures, doctrine médiévale qui établissait une correspondance entre l'apparence d'une plante et ses propriétés curatives, ces marques évoquaient les poumons touchés par la maladie, d'où son usage traditionnel pour traiter les affections respiratoires.
La pulmonaire préfère les lieux boisés et feuillus d'Europe, particulièrement sur sols calcaires. Ses fleurs remarquables, regroupées en cymes, passent du rouge clair au bleu violet, caractéristique également observée chez d'autres boraginacées. Ses fruits sont des tétrakènes pointus. Connue sous de nombreux noms populaires — herbe aux poumons, herbe au lait de Notre-Dame, sauge de Jérusalem — elle reflète la place importante qu'elle occupait dans la pharmacopée populaire européenne.
Contrairement à de nombreuses plantes médicinales, la pulmonaire était inconnue des Anciens et du Moyen Âge. Ce n'est qu'au XVIe siècle qu'elle apparaît dans les traités de matière médicale, principalement pour traiter les ulcères du poumon, les crachements de sang et la consomption (tuberculose). Bien que tombée en désuétude dans la lutte contre la tuberculose avec l'avènement des antibiotiques, elle conserve des propriétés pectorales et sudorifiques reconnues en phytothérapie traditionnelle.
Les feuilles de la première année sont récoltées pour un usage médicinal. Elles dégagent peu d'odeur et présentent une saveur légèrement mucilagineuse, caractéristique liée à leur richesse en mucilages. Les herboristes ont longtemps recommandé de privilégier la plante fraîche pour bénéficier pleinement de ses vertus émollientes et expectorantes.
La pulmonaire doit ses propriétés médicinales à une composition riche et diversifiée :
La pulmonaire possède un tropisme respiratoire marqué, justifiant pleinement son nom. Par voie interne, elle agit principalement comme :
Par voie externe, la pulmonaire est adoucissante et vulnéraire, favorisant la cicatrisation des plaies et apaisant les irritations cutanées.
La pulmonaire est principalement indiquée dans les affections de la sphère respiratoire :
Sur le plan digestif, elle trouve son utilité dans le traitement symptomatique de la diarrhée grâce à ses propriétés astringentes.
En usage externe, elle soulage :
La pulmonaire s'utilise sous plusieurs formes galéniques. Pour les affections respiratoires, l'infusion reste la forme privilégiée : on utilise 30 à 50 g de feuilles (de préférence fraîches) par litre d'eau, que l'on laisse infuser 10 minutes. Cette préparation fortifie les bronches, calme l'inflammation et aide à l'expectoration.
Pour exploiter les propriétés astringentes (notamment contre la diarrhée), on préférera une décoction plus concentrée, à raison de 50 à 100 g par litre.
En usage externe, une infusion froide peut être appliquée en compresse sur les dermatoses. Pour les hémorroïdes ou les inflammations buccales, on prépare une décoction (6 g pour 100 ml d'eau) utilisée en bain de bouche, gargarisme ou en application locale.
Les extraits hydro-alcooliques (extraits fluides, alcoolatures) constituent une alternative pratique pour une conservation prolongée et un dosage précis.
La pulmonaire présente un profil de sécurité globalement favorable. Aucune contre-indication majeure n'est répertoriée dans la littérature. Toutefois, la présence d'alcaloïdes pyrrolizidiniques, même en faible quantité, incite à la prudence et recommande d'éviter les usages prolongés. Il est conseillé de limiter les cures à quelques semaines et de respecter des périodes d'interruption.
Par principe de précaution, en l'absence de données suffisantes, l'usage est déconseillé chez la femme enceinte, allaitante et chez le jeune enfant sans avis médical préalable.
Si la pulmonaire n'occupe plus la place de choix qu'elle détenait dans le traitement de la tuberculose, elle demeure une plante de confort respiratoire appréciée, particulièrement en période hivernale. Ses propriétés émollientes, expectorantes et anti-tussives en font un remède naturel de choix pour soulager les affections respiratoires bénignes, notamment les bronchites chroniques et les toux persistantes.
Sa richesse en mucilages la rapproche d'autres plantes pectorales classiques comme le bouillon-blanc, la guimauve ou la mauve, avec lesquelles elle peut être avantageusement associée dans des mélanges d'infusions respiratoires. Sa teneur en minéraux et en acide silicique lui confère également un intérêt reminéralisant complémentaire, utile en période de convalescence.
La pulmonaire est une alliée précieuse pour la santé respiratoire : elle calme la toux, facilite l'expectoration et fortifie les bronches tout en soulageant les inflammations des voies respiratoires.
La pulmonaire s'associe harmonieusement avec d'autres plantes à tropisme respiratoire : bouillon-blanc, mauve, guimauve (effet émollient renforcé), thym et eucalyptus (action antiseptique complémentaire), réglisse (synergie expectorante), plantain (toux irritative). Pour la reminéralisation : prêle, ortie.
Infusion pour les affections respiratoires : 30 à 50 g de feuilles par litre d'eau. Infuser 10 minutes. Il est préférable d'utiliser la plante fraîche pour bénéficier pleinement des propriétés pectorales. Cette préparation fortifie les bronches, calme l'inflammation, apaise la toux et aide à l'expectoration.
Décoction pour les propriétés astringentes : 50 à 100 g de feuilles par litre d'eau. Utiliser en cas de diarrhée.
Extraits hydro-alcooliques : extrait fluide ou alcoolature selon les recommandations du fabricant.
Infusion froide : appliquer en compresse pour ses propriétés vulnéraires et adoucissantes sur les dermatoses.
Décoction : contre les hémorroïdes et les dartres. Pour les inflammations de la cavité buccale, faire une décoction de 6 g de pulmonaire pour 100 ml d'eau et utiliser en bains de bouche ou gargarismes.
Bouillon pour affections pulmonaires avec fièvre : faire bouillir pendant 30 minutes dans 1,5 litre d'eau une poignée de chacun des ingrédients suivants : pulmonaire, chou rouge, oignons blancs, mou de veau et sucre candi.
Jus frais pour catarrhe et enrouement : récolter plusieurs poignées de feuilles fraîches, les laver, les placer dans un linge et tordre vivement pour en exprimer tout le suc. Sucrer avec du miel et avaler 3 cuillérées par jour.
PARTIES UTILISEES:
Précautions d'emploi : Aucune contre-indication majeure connue.
Mise en garde : Éviter l'usage prolongé en raison de la présence d'alcaloïdes pyrrolizidiniques, même en faible quantité. Par principe de précaution, limiter les cures à quelques semaines et respecter des périodes d'interruption.
Populations particulières : En l'absence de données suffisantes, l'usage est déconseillé chez la femme enceinte, allaitante et chez l'enfant sans avis médical.