Rheum officinale H.Bn. et Rheum palmatum L.
La rhubarbe est une plante médicinale majeure de la pharmacopée chinoise, reconnue pour ses propriétés laxatives stimulantes dues aux anthracénosides. À faible dose, elle agit comme un excellent cholagogue et stomachique.

La rhubarbe médicinale (Rheum officinale H.Bn. et Rheum palmatum L.) est une plante herbacée vivace de la famille des Polygonaceae, pouvant atteindre 2 mètres de hauteur. Originaire de Chine et du Tibet, elle est aujourd'hui cultivée en Europe pour ses vertus thérapeutiques exceptionnelles.
Cette plante imposante se distingue par ses grandes feuilles palmatilobées aux nervures rougeâtres saillantes, portées par de longs pétioles charnus. Ses inflorescences forment de larges panicules de petites fleurs pourpres à blanches, produisant des akènes trigones ailés. Le rhizome volumineux et brun-rouge constitue la partie médicinale, à l'odeur aromatique rappelant la fumée et à la saveur amère et âpre.
Attention : Il convient de bien distinguer ces espèces médicinales de Rheum rhaponticum (usage vétérinaire) et de Rheum ondulatum et compactum (usage alimentaire avec propriétés laxatives limitées).
La rhubarbe possède une histoire millénaire remontant à 2700 avant J.-C. en Chine. Elle fut utilisée par les grands médecins de l'Antiquité : Dioscoride, Galien et Pline, qui la désignaient sous le nom de « rha ponticum », en référence à la Mer Noire d'où ils pensaient qu'elle provenait.
Au Moyen Âge, elle était surnommée la « Thériaque du Foie » en France, prescrite contre « l'échauffement du foie et l'obstruction de la rate dus à des humeurs chaudes ». En Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), la racine est considérée comme très froide, éliminant la chaleur et les toxines de l'organisme.
Le nom « rhubarbe » provient du bas latin reubarbarum, où barbarum signifie « des barbares » et le préfixe reu dériverait de rha, nom donné à la Volga par les Scythes, ou du grec rheo signifiant « je coule », en référence à ses propriétés purgatives.
Le rhizome de rhubarbe renferme une composition phytochimique complexe qui explique ses multiples propriétés :
Cette composition particulière explique l'effet biphasique de la plante : laxative à dose élevée, astringente et anti-diarrhéique à faible dose.
La rhubarbe est principalement connue pour son action laxative stimulante, due aux anthracénosides qui augmentent le péristaltisme intestinal et stimulent les sécrétions hydroélectrolytiques dans le côlon. Cette action en fait un traitement efficace de la constipation occasionnelle.
Paradoxalement, à faible dose, les tanins prennent le dessus et confèrent à la plante des propriétés astringentes et anti-diarrhéiques. Elle exerce également une action stomachique et cholagogue, facilitant la digestion et stimulant la production et l'élimination de bile.
En usage externe, la rhubarbe possède des propriétés anti-phlogistiques (anti-inflammatoires) utiles pour traiter les irritations buccales et les gingivites, en bain de bouche ou gargarisme.
Des recherches expérimentales récentes ont mis en évidence d'autres propriétés prometteuses :
Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques au-delà de l'usage traditionnel comme laxatif.
La rhubarbe trouve ses principales indications dans :
En infusion : 10 g de rhizome séché par litre d'eau, usage ponctuel uniquement. En teinture ou alcoolature : préparation stomachique à faible dose. Le vin de rhubarbe (50 g de rhizome macérés 10 jours dans du vin) était traditionnellement utilisé comme purgatif à raison de 1 à 2 cuillères à soupe par jour.
Une boisson alcoolisée associant rhubarbe et gentiane était employée contre les crampes d'estomac. En usage externe, les infusions concentrées ou décoctions servent de bain de bouche antiseptique.
La rhubarbe nécessite des précautions d'emploi strictes : elle ne doit être utilisée que de manière occasionnelle (maximum 3 jours consécutifs) pour éviter la « maladie des laxatifs », caractérisée par une colite réactionnelle, des douleurs abdominales et une hypokaliémie pouvant évoluer vers une dépendance psychique.
Elle est contre-indiquée chez les enfants de moins de 12 ans, les femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu'en cas d'occlusion intestinale ou d'irritation chronique du côlon. Les feuilles ne doivent jamais être utilisées, leur forte teneur en acide oxalique les rendant toxiques.
Plante majeure de la pharmacopée chinoise, la rhubarbe mérite aujourd'hui une réévaluation. Utilisée à faible dose (moins de 10 g/l) et de préférence en association, elle constitue un excellent cholagogue et laxatif doux. Son avenir thérapeutique se situe probablement au-delà des laxatifs, dans l'exploitation de ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et analgésiques récemment mises en évidence.
La sagesse consiste à l'employer avec discernement : à dose élevée et en usage prolongé, elle peut provoquer une irritation intestinale et déclencher une constipation post-laxative par effet rebond, illustrant parfaitement le principe selon lequel « c'est la dose qui fait le poison ».
La rhubarbe est un laxatif naturel efficace pour la constipation occasionnelle. À faible dose, elle facilite la digestion et stimule la fonction biliaire, tout en offrant des propriétés astringentes et anti-diarrhéiques.
En usage traditionnel, la rhubarbe est souvent associée à la gentiane dans des préparations digestives stomachiques. Pour un effet laxatif plus doux, elle peut être combinée à d'autres plantes à anthracénosides comme le séné ou la bourdaine, permettant de réduire les doses individuelles. Dans les formules cholagogues, elle s'associe bien au boldo, à l'artichaut ou au chardon-Marie.
En infusion : 10 g de rhizome séché par litre d'eau. Pour usage occasionnel uniquement (maximum 3 jours consécutifs).
Teinture ou alcoolature : comme stomachique à faible dose.
Vin de rhubarbe (recette traditionnelle) : 50 g de rhizome macérés 10 jours dans du vin de Grenache ; 1 à 2 cuillères à soupe par jour comme purgatif.
Infusion concentrée ou décoction : en bain de bouche ou gargarisme pour les irritations buccales et gingivites.
Important : À faible dose (moins de 10 g/l), la rhubarbe agit comme cholagogue et laxatif doux. À dose plus forte, elle peut irriter l'intestin.
PARTIES UTILISEES:
Utilisation occasionnelle uniquement : ne pas dépasser 3 jours d'utilisation consécutifs. Un usage prolongé expose aux risques suivants :
Ne jamais utiliser les feuilles, très riches en acide oxalique toxique. Seuls les organes souterrains (rhizomes) sont utilisés en phytothérapie.